Ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport
a/s Mme Michelle Courchesne
Ministre de l'Éducation, du Loisir et du Sport
Édifice Marie-Guyart
1035, rue de la Chevrotière
16e étage
Québec (Québec)
G1R 5A5
Objet : Décès de Patrick Besner / Carrière Flintkote le 25 juillet 2007
Madame La Ministre,
Au nom de l’Association des Plongeurs sous-marin du Québec (APSQ*), un organisme à but non lucratif qui a pour mandat, entre autres, de promouvoir et d’accroître la sécurité en plongée au Québec, nous vous transmettons une analyse de l’accident du décès de Patrick Besner (âgé de 36 ans) à la carrière de Flintkote le 25 juillet 2007, basée sur les informations et les faits qui nous ont été transmis.
Cette analyse d’accident ne peut présumer des causes d’inconscience de la victime (physiologiques, techniques ou autres). Le rapport du Coroner saura certes nous éclairer sur cette question.
Nous croyons important qu’une analyse d’accident soit aussi effectuée en parallèle avec les rapports du coroner, à partir d’une perspective d’initiée et d’expert en « plongée récréative et technique », de telle sorte que les subtilités du sport de la plongée soient mises en relief.
Nous demeurons à votre disposition pour tous renseignements ou précisions additionnelles.
Président de l’Association des Plongeurs sous-marin du Québec
Instructeur Full Cave
Instructeur Trainer Trimix
Instructeur Technical Wreck
Instructeur Gaz Blender
49 Village
Dollard-des-Ormeaux, Québec
H9B 1M8
(514) 862-0274
Pièces jointes :
La Tribune :http//lapresseaffaires.cyberpresse.ca 26 juillet 2007
Annexe 1, 2 Chronologie des évènements et Analyse d’accident
Montréal, le 7 janvier 2008
Bureau du Coroner
a/s Dr Louise Nolet
Coroner en chef par intérim
Édifice Delta 2, Bureau 390
2875 boul. Laurier
Québec, Québec
G1V 5B1
Objet : Décès de Patrick Besner
Carrière Flintkote le 25 juillet 2007
Au nom de l’Association des Plongeurs sous-marin du Québec (APSQ*), un organisme à but non lucratif qui a pour mandat, entre autres, de promouvoir et d’accroître la sécurité en plongée au Québec, nous vous transmettons une analyse de l’accident du décès de Patrick Besner (âgé de 36 ans) à la carrière de Flintkote le 25 juillet 2007, basée sur les informations et les faits qui nous ont été transmis.
Ces données proviennent essentiellement des profils d’accréditation des deux plongeurs, des proches de la victime et ceux du copain de plongée, des plongeurs sur les lieux de l’accident et des transcriptions journalistiques.
Cette analyse d’accident a pour but de décortiquer la chronologie des événements et des faits connus, de rappeler les protocoles d’urgence appropriés et d’apporter des recommandations afin de tenter d’éviter que ce type d’accident ne se reproduise dans le futur.
Cette analyse d’accident ne peut présumer des causes d’inconscience de la victime (physiologiques, techniques ou autres). Le rapport du Coroner saura certes nous éclairer sur cette question.
Nous croyons important qu’une analyse d’accident soit aussi effectuée en parallèle avec les rapports du coroner, à partir d’une perspective d’initiée et d’expert en « plongée récréative et technique », de telle sorte que les subtilités du sport de la plongée soient mises en relief.
Nous demeurons à votre disposition pour tous renseignements ou précisions additionnelles.
Merci à l’avance.
Stéphane Jolicoeur
Président de l’Association des Plongeurs sous-marin du Québec
Instructeur Full Cave
Instructeur Trainer Trimix
Instructeur Technical Wreck
Instructeur Gaz Blender
49 Village
Dollard-des-Ormeaux, Québec
H9B 1M8
(514) 862-0274
Pièces jointes :
La Tribune :http//lapresseaffaires.cyberpresse.ca 26 juillet 2007
Annexe 1, 2 Chronologie des évènements et Analyse d’accident
Patrick Besner (la victime) : plongeur Open Water (OW I) 50-60 plongées. Plongeur de classe A au sens du Règlement sur la qualification en plongée subaquatique au Québec.
Jean Pierre Dubois (le Sauveteur) : Rescue Diver / plongeur Trimix I / Master Scuba Diver/ / Gaz Blender Nitrox et Trimix : 400 plongées. Membre Technique logistique, charter et station de remplissages d'un club de plongée Technique au Québec
Annexe 1 - 2
Définitions
Plongeur avec une formation de base. Équipement composé d’un cylindre simple. La limite de profondeur permise pour un plongeur récréatif Open Water est de 60 pieds.
· Plongeur Trimix I :
Plongeur qui a suivi le niveau de formation le deuxième plus avancé en plongée Technique (après le Trimix II) qui pour objectif de pouvoir plonger en très grande profondeur et qui comprend l’usage de mélange à base d’hélium (Trimix) pour la partie la plus profonde de la plongée.
Le plongeur Trimix nécessite l’usage et le transfert de différents mélanges gazeux hyperoxiques (Nitrox et Oxygène pur) à différentes profondeurs prédéterminées lors de la remontée (Staged Decompression).
Un plongeur de niveau Trimix I est habilité à plonger jusqu'à une profondeur de 225 pieds.
ANNEXE 2
ANALYSE D’ACCIDENT
A) La profondeur
L’accident se serait produit à une profondeur de 105 pieds selon les dires du Sauveteur, Jean Pierre Dubois. Le corps de la victime, Patrick Besner, a été ultérieurement repêché à une profondeur de 130 pieds.
La profondeur ou l’excès de profondeur est l’un des cinq principaux facteurs qui est à l’origine d’accidents et de mortalités en plongée sous-marine.
En l’occurrence, dans l’accident qui nous intéresse, les plongeurs ont outrepassé la limite de profondeur permise par les accréditations de la victime soit, pour un plongeur novice de base Open Water (OWI), est d’un maximum de 60 pieds. Toutes les agences de certification reconnues recommandent une limite maximale de profondeur de 60 pieds pour un plongeur de base Open Water (OWI).
De plus, selon la réglementation sur la qualification subaquatique en vigueur au Québec, un plongeur de classe A (soit un plongeur de niveau de base Open Water OWI) ne peut plonger au-delà de 60 pieds.
-
Par ailleurs,
The Pathophysiology of drowning: The body's reaction to submersion / The reaction to water inhalation / Unconsciousness http://en.wikipedia.org/wiki/Drowning
The American
Une fois à la surface, le Sauveteur s’écrie que son partenaire de plongée s’est noyé. Les secours sont appelés mais la victime est restée submergée durant 6 heures avant d’être repêchée. De plus, il y avait la présence de plongeurs sur le site.
The American
http://www.deeperblue.net/article.php/233
Maintenant, lo
F) L’Aspect Psychologique : le Stress
Le stress peut se définir par une pression de l’extérieur qui se traduit par une tension intérieure. Lorsque cette tension devient trop grande, les réactions d’un sauveteur peuvent devenir inefficaces et se développer sous la forme de panique « fight or flight syndrome ».
La panique est physiologique, une fois le processus enclenché, la pensée rationnelle reprend difficilement le dessus. Un plongeur/sauveteur frappé de panique devient un danger pour la victime comme pour lui-même.
Dans la grande majorité des sauvetages «Rescue», le stress est omniprésent. Il est toutefois possible de garder une fonctionnalité et un contrôle sur le niveau de stress subit et ressenti, en ayant une préparation adéquate par l’entremise, entre autres, de formations rigoureuses.
Ces dernières permettront au plongeur/sauveteur d’apprendre et de pratiquer tous les protocoles et les exercices d’urgence face aux différents scénarios potentiels, de même que d’acquérir les habilités afin d’être en mesure d’effectuer adéquatement les procédures requises.
De plus, ces formations permettront au plongeur/sauveteur d’apprendre à identifier les premiers symptômes de stress chez les autres comme soi-même, et de faire usage de moyens cognitifs pour les maîtriser, et ce, avant que ces symptômes n’évoluent et ne se développent sous la forme de panique.
C’est par l’apprentissage répétitif et intensif des différents exercices et protocoles d’urgence sous l’eau et par une visualisation régulière de ces derniers, que le sauveteur peut être en mesure de pallier à une situation critique et ce, même sous l’influence de stress soutenu. Les exercices d’urgence doivent donc être répétés jusqu’au point où ils deviennent des automatismes.
De plus, les simulations d’urgence doivent retraduire de vrais problèmes que le sauveteur va potentiellement encourir, des exercices qui ressemblent à des circonstances réelles permettant de développer une discipline personnelle.
Ainsi, confronté à une situation réelle critique avec stress intense, le sauveteur sera plus enclin à machinalement effectuer la, ou les bonnes procédures « mémoire procédurale ».
Soulignons que ce sont les exercices et les protocoles d’urgence mal appris et jamais pratiqués qui sont les premiers oubliés en situation de stress. Ceux qui ont été pratiqués au point de devenir instinctif vont demeurer subconsciemment avec le sauveteur.
La cause première des accidents en plongée est reliée au manque de connaissances, au manque d’entraînement et au manque de pratiques des exercices et protocoles d’urgence « Formations inadéquates ».
L’ignorance est malheureusement à l’origine de la majorité des accidents.
Notre niveau de préparation face à des situations d’urgence, par la voie de formations spécialisées et de pratiques régulière, peut définitivement aider à nous contenir et à composer avec une situation de stress élevée.
IANTD Technical Encyclopedia : “ The Leading Causes of accidents in Technical Diving / Psychological and Physical Fitness for Technical Diving” pages 1 @ 7 & pages 148 @ 160 Auteur : Tom Mount
Conclusion
L’absence de mise en application des protocoles de base et d’urgence, semble indiquer que le Sauveteur était mal préparé et n’avait pas les outils requis pour faire face à une situation de Sauvetage dite « Récréative »(« Non de niveau de plongée Technique »).
Les conditions étaient de niveau «RÉCRÉATIF» de part :
Compte tenu des différents points énoncés précédemment, du niveau d’accréditation de pointe du Sauveteur, ses différents niveaux de formations ultra spécialisées tant au niveau de la plongée récréative que la plongée Technique, qui témoignent d’un niveau d’accomplissement et d’excellence que très peu de plongeurs n’atteignent, il aurait été attendu que ce Sauveteur soit en mesure de remonter son partenaire à la surface, ceci de façon contrôlée ou non contrôlée. Il s’agit de procédures de base qui s’oublient plus difficilement lorsque connues, étudiées, pratiquées et revues, et ce, même en situation de stress.
Compte tenu :
Dans les circonstances, on peut présager que le Sauveteur, malgré son niveau de formation «Rescue Diver» et de plongeur hautement qualifié «Trimix Diver», n’avait peut-être pas les connaissances, les habilités, les aptitudes attendues pour ses niveaux élevés d’accréditation.
On est donc en droit de s’interroger sur la qualité et le contenu de certaines formations de plongée de Sauvetage «RESCUE» et de «Plongée Technique» qui sont offertes au Québec et que le Sauveteur a suivi dans le passé.
Recommandations
Suite à cet accident du 25 juillet 2007 à la carrière Flintkote, voici nos recommandations afin d’accroître la sécurité en plongée au Québec.
Note sur la cause d’inconscience de la victime : Le rapport du coroner devrait également être en mesure de nous démontrer, s’il y lieu, la présence de monoxyde de carbone (CO) dans les tissus de la victime. De plus, il serait opportun d’identifier le mélange gazeux que respirait la victime au moment de l’accident.
Préparé par Stéphane Jolicoeur
Voir Curriculum Vitae www.scubacave.com
7 janvier 2008
Références
The American
http://www.deeperblue.net/article.php/233